Le 22 avril prochain, cela fera un an que j’ai sorti mon premier roman. Depuis, j’ai enchainé les prises de conscience (le regard de l’autre, les auto-jugements, la peur de briller, mon rapport à mon image, me montrer telle que je suis…). Mon monde a changé. De l’extérieur, ça ne se voit peut-être pas. À l’intérieur, je me sens plus à ma place, sur le chemin de ma légende personnelle.

Techniquement, j’ai mis le pied dans un domaine que je trouvais très caca-beurk : le web-marketing. Allier sereinement “je veux qu’on m’aime (sur facebook avant tout)” et “je suis détachée et en confiance sur le chemin de l’expression de moi-même”, ce n’est pas une mince affaire. Les blessures narcissiques n’en demandent pas beaucoup plus pour venir ronger la confiance… Ajoutez à cela plusieurs heures de sommeil en retard, et c’est tout-schuss droit dans le “bouuuuuuh ma vie c’est de la merde j’y arriverai jamaaaaiiiis personne ne m’aaaaaiiime (sur facebook avant tout).”

Je me suis gavée d’articles, d’ebooks gratuits et de vidéos youtube sur le sujet du web-marketing et de l’auto-édition. À la mode développement personnel (je suis une étincelle de la source divine universelle je suis faite pour briller il suffit d’oser et de m’ouvrir aux synchronicités), ou à la mode purement marketing (comment faire dans la jungle internet pour qu’on remarque que j’existe sans montrer mes seins). Je comprends mieux comment ça fonctionne, je ne trouve plus tout tant caca-beurk que cela, même si certains aspects m’agacent encore. Je suis ravie d’avoir appris, je me sens un peu moins naïve, sans avoir perdu mon authenticité.

Site internet, blogs, vidéos youtube… J’aime être créative. J’aime partager mon univers. J’aime la magie des communautés que l’on peut co-créer sur internet sans sortir de chez soi, parce que j’aime bien rester chez moi. J’aime analyser, comprendre comment ça fonctionne, m’imprégner de ce que les autres font et le refaire à ma sauce.

Mais.

Depuis près d’un an, j’ai certes beaucoup écrit dans mes blogs, mais je n’ai pas écrit de deuxième livre. Dans ma quête de visibilité, j’ai quelque peu perdu une notion fondamentale, que l’auteure Ksenia Anske m’a rappelée dans son dernier article de blog : j’écris pour moi.

“You write for yourself. Because if you write for fame and riches, you better quit NOW.”

Vous écrivez pour vous-même. Parce que si vous écrivez pour la richesse et la gloire, vous feriez mieux d’arrêter TOUT DE SUITE.

Bref, j’ai fait ma part du boulot. J’ai sorti mon roman, j’en ai parlé, j’ai lancé la machine… Je suis visible. Je vais continuer d’écrire dans mes blogs, de faire des vidéos sur youtube, par ci par là. Parce que ça m’amuse et que mes idées ne se lassent pas de fuser. Mais je lâche la grappe à mon premier roman, j’arrête de passer des heures à élucider le grand mystère du “comment me faire connaitre ?” et je laisse agir l’univers (Ksenia Anske appelle ça la chance, une notion à laquelle je ne crois pas). Ça n’excluera pas des petits coups de pouce de temps en temps de ma part. Simplement, ça ne peut plus être mon activité principale. Sinon je n’écris plus. C’est pour cette raison que je sais déjà que pour mes prochains livres, je chercherai un éditeur. Je veux passer mon temps à écrire.

J’écris pour moi. Pour me trouver. Me retrouver.

C’est en faisant les choses pour soi que le tapis rouge de l’univers se déploie (étincelles, feu d’artifice, Dieu qui dit “N’oublie Pas Qui Tu Es”… Ah non, ça c’est Mufasa). Toujours pour soi.

La richesse et la gloire, c’est pour soi, me direz-vous peut-être…

Et vous auriez raison. Comme moyens, oui, la richesse et la gloire comme moyens de toucher plus de lecteurs. Un effet secondaire possible, ou jamais au rendez-vous, mais peu importe. J’écris pour moi.

Il m’arrive d’oublier… Ah, oui, parfois l’Ange se tait ;-)

Je reviens à l’essentiel. J’ai même retrouvé la joie intense de prendre des notes et de faire des plans dans un cahier. Un CAHIER ! Avec un stylo ! Il faut dire que je viens de me faire voler mon ordinateur… On a le droit de se réjouir de s’être fait voler un outil de travail à plusieurs centaines d’euros ? L’univers a de drôles de manières de nous remettre sur les rails de nous-mêmes, parfois. (Parfois l’Ange ne se tait plus, il trouve un Macbook dans un train et il se dit qu’il pourrait en tirer quelques deniers au marché aux puces).

Allez, à bientôt… <3