J’ai écrit un article pour le n°2 du magazine MARC – Votre coach magazine, sorti cet été, sur le thème Oser être soi-même. J’y parle de mon parcours pour écrire et sortir mon premier roman, et de mes peurs, notamment la peur de réussir… Je vous le partage ici :

Avertissement : blabla

Oser être soi-même, briller de toute sa lumière, sortir de sa zone de confort, déployer ses ailes, vivre son plein potentiel, réaliser sa mission de vie… Ça fait rêver, n’est-ce pas ? Laissez-moi vous dire, tout ça, c’est du blabla. N’y voyez rien de péjoratif. Je suis écrivain, j’adore le blabla !

La concrétisation de mon rêve

Écrire a toujours été ma passion. Pendant longtemps, j’ai rempli mes tiroirs de premiers romans inachevés, et ai tracé ma route vers une carrière qui paierait le loyer. Un jour, pourtant, la perspective de ne jamais concrétiser mon rêve d’écrire un roman est devenue intolérable. Pour ne pas laisser le manque de confiance en moi et la procrastination avoir le dessus, je me suis accrochée à l’idée que la nullité potentielle de ce que j’écrivais était moins grave que de ne pas honorer cet appel intérieur. Arrivée sur mon lit de mort, je préférais pouvoir me dire « Bah, mon roman était naze, mais j’ai fait du mieux que j’ai pu ! », plutôt que « J’ai toujours voulu écrire un roman, je ne l’ai jamais fait… » Cette pensée m’a aidée à garder le cap et aller jusqu’au bout.

Quelques années de doutes, d’écriture et réécriture plus tard, j’ai ainsi sorti mon premier roman, Parfois l’Ange se tait. C’est une chose que de concrétiser un rêve, c’en est une autre que de le rendre publique. Jusque-là, j’étais restée dans un état d’esprit passablement schizophrène avec une vie sérieuse d’un côté, et une vie artistique et spirituelle cachée… Sortir de l’ombre et de l’anonymat, et faire face à ma peur du regard de l’autre, a donné une toute nouvelle dimension à mon aventure.

La confrontation à une peur étonnante

En cherchant à faire connaître mon roman, j’ai eu l’idée de réaliser une auto-interview à mettre en ligne comme support de promotion. Il s’agissait, plutôt que de rester dans l’attente que quelqu’un veuille bien m’interviewer, de prendre les devants et de rester dans l’action en m’interviewant moi-même. Après tout, j’avais plein de choses à raconter sur mon parcours, et je bouillonnais de partager ! Parce que j’ai choisi d’y exposer ma vulnérabilité en parlant de mes peurs, avec mon nom, mon visage et ma voix, cette auto-interview (que j’ai intitulée Un roman et des rêves, une peur après l’autre) a constitué une ouverture de cœur phénoménale pour moi. Ok, ça ne casse peut-être pas des briques pour des pros, mais à mon échelle, à mes débuts, rien que le fait de faire cette vidéo était énorme. Je poussais encore plus loin le « coming-out » déjà engagé en publiant mon roman.

Lorsque j’ai eu l’idée de cette vidéo, il y a eu en moi deux réactions. La première, inspirée : quelle super idée, ça vibre ! La deuxième, réflexe : non, c’est une bonne idée, mais justement… si ça fonctionne et que tu commences à te faire connaître, ça pourrait blesser ceux qui ne réussiront pas aussi bien que toi, ils vont se dévaloriser si tu brilles trop et seront malheureux par ta faute… Quel choc !!! Tout à coup, j’ai compris pourquoi je m’auto-sabotais si souvent : je me censurais, j’avais peur d’être moi-même et de réussir, parce que j’avais peur de blesser !

Quand on y pense un instant, à force de nous comparer, classer, trier, noter les uns les autres, dès le plus jeune âge, on n’inculque pas seulement la peur du regard de l’autre et de la mauvaise note. On n’encourage pas seulement un système de valeurs basées sur la recherche extérieure de légitimité et sur l’écoute d’une autorité qui sait mieux, plutôt que sur l’écoute de sa joie intérieure. Parfois, comme dans mon cas, on fissure aussi le simple élan naturel d’avoir envie d’être soi-même et de réussir, parce briller devient équivalent à faire de l’ombre… Alors qu’en réalité, c’est tout le contraire ! Lorsque l’élan est authentique, oser briller, c’est inspirer les autres à le faire à leur tour et à leur manière !

Une fois cette peur détectée, je l’ai remise à sa place de pensée réflexe conditionnée par mon passé de petite fille hypersensible. Aujourd’hui, je fais confiance aux autres pour gérer eux-mêmes leurs ressentis, tirer leurs propres leçons de leurs réussites et leurs échecs, et trouver les ressources en eux. De mon côté, j’ose être moi-même.

Ne pas attendre de preuves avant d’oser.

On aimerait parfois avoir des preuves que ça va marcher avant de passer à l’action. On voudrait s’assurer que c’est réaliste, que l’argent sera là, que les autres nous soutiendront… Mais si l’extérieur est un reflet de l’état intérieur, comment peut-on espérer avoir des preuves avant de se lancer ? Il y a peut-être des états d’esprit qui favorisent le succès, des lois de l’univers avec lesquelles on peut s’amuser et s’harmoniser, mais l’âme et le corps ne mentent pas. Nos conditionnements et nos blessures continueront de teinter notre expérience tant que nous ne les auront pas intégrés.

Moi, je ne suis pas une preuve. Il me reste des blocages, mes sensations de rechute sont fréquentes. Mon premier roman n’a pas eu le succès immédiat et renversant de mes fantasmes. Au lieu d’attendre des preuves, il faut le vivre soi-même. Sortir de sa zone de confort n’est, par définition, pas confortable. Il n’y a aucune certitude quant aux résultats, qui ne sont pas forcément ceux que l’on avait escomptés. Sortir de l’inconnu, briser les schémas répétitifs, regarder ses conditionnements en face et les remettre en question, n’est pas facile. C’est juste libérateur.

À vous de jouer !

J’ai réalisé un rêve, il m’en reste plein d’autres. Il n’y a nulle part à arriver, juste à cheminer, avec lucidité et bienveillance envers soi-même, et avec la conscience qu’on n’est jamais autre part qu’ici et maintenant. Et jamais, jamais, jamais seuls. Facile à dire, n’est-ce pas ? J’avais prévenu, tout ça, c’est du blabla. Pour le comprendre et l’incarner, c’est l’étape suivante qui compte : passer à l’action. Puis persévérer. S’entrainer à faire assez de silence en soi pour repérer les pensées réflexes qui peuvent nous saboter. Et à chaque fois que l’on se casse la figure, se souvenir que tomber est aussi une manière très efficace d’apprendre. Sur soi-même, ses conditionnements, ses talents, et sa place dans le monde.