Pour l’auto-édition de mon premier roman, j’ai choisi l’option de l’impression à la demande (Print on Demand, PoD, en anglais).

Le principe de l’IAD, tel que son nom l’indique, est que le livre est imprimé… à la demande ! Il n’y a aucun stock. À chaque fois qu’un lecteur commande le livre, il est imprimé et lui est envoyé directement, sans même passer par l’auteur.

Plusieurs sites d’IAD existent : BoDBookelis, CreatespaceLulu, thebookedition

Les avantages de l’IAD

– C’est gratuit, pas d’avance de frais, l’imprimeur à la demande se rémunère en pourcentage à chaque livre acheté et imprimé.

– Pas de stock à gérer.

– Pas d’envoi à gérer.

– La distribution : les sites d’IAD ont des options gratuites de distribution sur les plateformes internet, ce qui simplifie la vie des auteurs qui n’ont pas à faire toutes les démarches une par une pour mettre leur livre sur chaque librairie en ligne (Amazon, Fnac, etc).

Les inconvénients de l’IAD

Rapport qualité / prix : il n’y a pas l’amortissement de la quantité, c’est donc plus cher à l’unité, et la qualité, bien que bonne, n’est pas non plus extatique.

– Disparités possibles entre les exemplaires : en fonction du site d’IAD, le livre n’est pas toujours imprimé au même endroit, donc on peut voir deux exemplaires avec des qualités d’impression différentes.

Absence de contrôle avant l’envoi au lecteur : si pour une quelconque raison une impression isolée est défectueuse, c’est l’acheteur qui le découvre, pas l’auteur.

Les petits plus de l’IAD

– Les sites d’IAD génèrent l’ISBN et le code barre associé pour les livres

– Les sites d’IAD ont des créateurs de couverture en ligne pour vous permettre de créer la couverture de votre livre vous-même selon leur modèle (note : je ne conseille pas cette option, mieux vaut faire appel à un graphiste, mais ça peut quand même être pratique pour créer la tranche du livre et la quatrième de couverture)

– L’auteur peut souscrire à un abonnement (payant) pour référencer son livre dans des bases de données utilisées par les libraires, et ainsi rendre son livre disponible à la commande par des librairies (attention, ça ne signifie pas que votre livre sera disponible dans les rayons des librairies, mais juste disponible à la commande par les libraires… ne vous faites pas avoir par les vendeurs de rêves).

L’auteur peut bien sûr commander ses propres exemplaires, le nombre qu’il souhaite, et se constituer un petit stock pour les revendre lui-même, par exemple s’il souhaite envoyer des exemplaires dédicacés, ou s’il veut participer à des salons, etc.

Mon expérience

J’ai testé trois sites d’IAD : Lulu, Createspace et Bookelis. Je vous en parle plus en détails ci-dessous. Mon expérience n’est pas du exhaustive, je n’ai pas tout testé. Si vous souhaitez auto-éditer un livre, je vous encourage à tester plusieurs sites et voir ce qui vous convient le mieux.

Lulu

J’ai débuté dans l’auto-édition avec Lulu. Leur site est vraiment bien fait, pratique, intuitif. On peut voir le prix que ça va coûter avant de créer le livre en choisissant le format et le nombre de pages. Ils ont une boutique en ligne, sur laquelle les lecteurs peuvent acheter le livre ainsi auto-édité chez eux. Le rapport qualité / prix est correct. Ils font souvent des promotions avec lesquelles on peut avoir les frais de port gratuits, ou des réductions pour des achats de plusieurs exemplaires.

La raison pour laquelle j’ai quitté Lulu.com est que malheureusement, le rendu de ma couverture n’était pas terrible (mais c’est propre à ma couverture et au fait qu’il y ait un dégradé vers le blanc, sans ce dégradé le résultat est plus que correct). Par ailleurs, pour vendre le livre autre part que sur la boutique de Lulu, notamment sur Amazon, cela prenait du temps, et la commission me revenant diminuait trop (car ça ajoutait un acteur dans la chaine impression-distribution, et donc un acteur supplémentaire qui se prenait une marge).

Createspace

Je suis alors passée au site américain Createspace. Le gros avantage de Createspace, c’est qu’il s’agit d’une filiale d’Amazon : en publiant un livre sur Createspace, il peut être disponible rapidement sur Amazon (moins de 24 heures si mes souvenirs sont exacts), y compris Amazon Europe, et il n’y a pas d’acteur supplémentaire qui ne se prenne une marge. Amazon ayant son propre système de livraison, les frais de port sont dans la plupart des pays quasiment gratuits (0,01€ en France)

Le prix est donc très avantageux, ça m’a permis de rendre mon roman disponible à 10€ frais de ports inclus (et pour info je touche 2,40€ dessus).

L’inconvénient majeur de Createspace, c’est que c’est un site américain, donc tout est en anglais y compris le service clients, et tous les achats se font en dollars, uniquement par carte bleue (pas de Paypal avec Amazon). Lorsque vous commandez des exemplaires pour vous-mêmes, ou juste que vous commandez une proof (exemplaire de vérification avant la publication), il faut payer en dollars (votre banque peut vous facturer des commissions), et il faut aussi payer des frais de ports depuis les Etats-Unis ridiculement chers, plus chers que l’exemplaire en lui-même, pour des délais de réception longs… Si c’est une seule fois, ça passe. Ou pour une commande groupée pour vous constituer un stock, ça passe aussi. Mais si vous faites plusieurs tests d’impression avant la version finale, ça peut compliquer et ralentir le processus, et revenir cher…

Peut-être qu’Amazon va créer, un de ses jours, une branche européenne de Createspace. Mais en attendant, à l’heure où j’écris cet article, il faut se contente de la filiale américaine.

Mon truc : pour recevoir une copie de votre livre pour vérification avant de le rendre public, si vous êtes en France ou autre pays européen, “publiez-le” sur Amazon via Createspace au prix minimum (sans marge pour vous), passez commande sur Amazon.fr (ou .co.uk, ou .de pour un envoi en Suisse, etc) pour payer dans la devise que vous préférez avec les frais de port d’Amazon bas à 0,01€, et pour le recevoir rapidement. Augmentez le prix ensuite quand viendra le moment de la “vraie publication”. C’est un peu de la bidouille, voire de la triche, puisque le livre sera disponible sur Amazon au public avant sa “vraie publication”, mais a priori, si vous n’en parlez à personne et que vous êtes un auteur inconnu, personne d’autre que vous-même ne l’achètera ! Et attention, il peut falloir quelques jours avant que le changement de prix sur Createspace soit répercuté sur Amazon Europe.

Un autre gros inconvénient de Createspace, c’est que pour le marché européen, on ne peut pas distribuer le livre autre-part que sur Amazon (par exemple sur la Fnac ou d’autres grosses librairies en ligne). Le monopole d’Amazon est ainsi préservé.

Un autre truc : si vous vendez votre livre via Amazon, pensez à créer un lien affilié sur votre site. Si les lecteurs achètent votre livre en cliquant sur le lien sur votre site, vous touchez une commission sur la vente de votre livre… Je n’aime pas ce système qui entretient le monopole, et je ne le fais pas avec d’autres livres que le mien, mais mon livre n’étant disponible que sur Amazon, autant toucher une commission sur la vente de mon propre livre (un peu moins d’un euro pour moi, non négligeable donc si l’on ramène ça à mes 2,40 euros de commissions d’auteure)…

Bookelis

J’ai aussi testé le site français Bookelis. Certains lecteurs n’aimant pas passer par Amazon, j’ai voulu créer une édition spéciale en plus, via un site français, avec l’option papier recyclé que propose Bookelis. Malheureusement, je me suis un peu pris la tête avec leur site. Je ne pouvais pas faire de simples modifications au livre une fois publié, à moins d’envoyer un message au service client. La couverture devait être chargée en format PDF et PDF uniquement… Le pompon a été le prix d’envoi du livre : 6,52 euros en collissimo, lettre verte non disponible (pourtant des livres à ce format, j’en envoie en lettre verte sans problème, mais le service client m’a répondu d’une formule cordialement polie mais en mode “c’est comme ça”)… Ça m’a soulé, mais j’ai commandé un exemplaire quand même… Le résultat est arrivé avec une couverture mal calibrée, je m’étais trompée avec leurs dimensions de leur gabarit PDF, différent de ce que je connaissais des autres sites…

Je m’étais accrochée jusque-là car je voulais vraiment proposer une alternative papier à Amazon, et j’aimais l’idée d’une édition sur papier recyclé avec une entreprise française, mais j’ai fini par lâcher l’affaire. Je perdais trop de temps.

Ceci dit, je n’aime pas critiquer et je ne déconseille pas ce site, ce n’est que mon expérience, et leur service client est très réactif. Disons qu’avec moi, ça m’a pas fonctionné. L’auto-édition est suffisamment chronophage comme ça pour moi .

Mon livre papier n’est donc disponible que sur Amazon, et je m’excuse pour les lecteurs qui n’aiment pas Amazon. Mon objectif est simplement que mon livre soit disponible pour les lecteurs qui aiment l’objet livre, mais il reste l’option du téléchargement gratuit de l’ebook pour ceux qui ne souhaitent vraiment pas passer par Amazon. Ils peuvent toujours l’imprimer eux-mêmes. Vue la poignée de livres papier que je vends, je ne suis pas dans une optique d’être disponible à la vente partout. Et si un jour je vends mon livre par dizaines d’exemplaires par jour, alors je me mettrai activement à chercher un éditeur, chiffres de vente en mains, pour ne pas avoir à gérer tout ça… Hahaha, j’ai de l’humour. Ou de l’espoir. Ou de l’humour… Ou de la confiance en moi mais néanmoins du réalisme face au marché de l’auto-édition de romans ;-)

Et vous, quelle est votre expérience de l’impression à la demande ? Quels sites avez-vous testés ? En êtes-vous satisfaits ? Je suis curieuse d’avoir le témoignage d’autres auteurs !