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Comment rendre son livre auto-édité sur Amazon visible ? Comment atteindre le top 100 pour les ventes d’ebooks (pour liseuses Kindle) ?

En tant qu’auteure auto-publiée, comme des milliers d’autres, je me suis posée ces questions en mettant mon premier roman Parfois l’Ange se tait en vente en ligne sur Amazon. Mais j’ai décidé d’arrêter de me les poser.

Lorsqu’on auto-édite son livre, roman ou autre, sur Amazon, pour vendre, il faut être visible. Il n’y a pas trente-six mille solutions. Si personne ne vous voit, vous ne vendrez pas. Ce n’est pas comme un livre dans une librairie, sur lequel un lecteur lambda peut tomber par hasard… Amazon n’obéit pas aux mêmes règles du hasard. Pour être visible, il faut soit déjà être connu, soit le devenir (pub, bouche à oreille, marketing, référencement…).

Pour que des inconnus n’ayant jamais entendu parler de vous voient et achètent votre livre, le Graal, c’est d’être dans le top 100 d’Amazon. Voire le top 20 (première page du top 100). Ou mieux, le top 3.  Et d’y rester.

Pour y entrer, il “suffit” de vendre beaucoup d’ebooks en un temps très court… En faisant l’annonce de la sortie à vos amis (ou fans si vous en avez déjà) à l’avance, sans oublier un rappel (en fanfare) le jour même. Si quelques dizaines d’entre eux achètent l’ebook le jour de sa sortie, pouf, c’est le top 100 assuré ! Bon, maintenant, il faut espérer qu’il attire l’attention de nouveaux lecteurs, notamment grâce à des commentaires positifs, pour rester dans le top 100. Parce que si les ventes s’arrêtent, ça va inexorablement dégringoler, et vous vous retrouverez invisible au commun des lecteurs à nouveau…

Qu’est-ce que j’en pense ?

En fait, je n’ai rien à redire sur la méthode de classement d’Amazon. Ça peut sembler un peu artificiel, mais pourquoi pas ? Ce qui me gêne, ce qui sonne faux pour moi, ce qui heurte ma sensibilité, ce n’est pas la méthode. C’est le classement en lui-même.

Un classement, c’est un premier, un deuxième, un centième, et les autres.

Un classement, c’est une compétition, une quête basée sur la volonté d’être le meilleur. Mieux que les autres.

Ça me gonfle.

J’ai souvent été la première de la classe, j’ai fait des études basées sur la compétition. J’aimais ça, je crois. La compétition.

Aujourd’hui, ça me gonfle.

Gonfler implique une expansion, une croissance, mais sur du vide.

Je ne mesure que maintenant tout le mal causé par ces systèmes compétitifs, les classements, les récompenses… Ces systèmes qui imprègnent la société et nos modes de pensées. Ce ne sont pas seulement les cancres qui en font les frais. Les bons élèves, les gagnants, les plus populaires, les plus likés sur facebook, les classés dans le top 100 des ventes d’Amazon, aussi. Tout le monde en fait les frais.

En tout cas, j’en fais les frais. Depuis des années, je me trimballe tout un lot de peurs et de croyances limitantes à cause de ça.

La semaine dernière, alors qu’une idée géniale pour faire connaitre mon roman germait dans mon esprit, une peur a surgi. Pour une fois, je l’ai regardée droit dans les yeux. Cette peur ? La peur que mon idée soit nulle ? La peur d’échouer ? La peur de la mauvaise note ? La peur d’être moins bien que les autres ? Non, que nenni… La peur de réussir ! De réussir si bien que ça fasse souffrir tous ceux qui n’auraient pas eu cette même idée géniale avant moi. La peur d’être mieux, et donc de blesser les moins biens…

N’im-po-rte-quoi.

Cette peur, je l’ai tout le temps. Et j’en ai marre.

Le succès, ce n’est pas être génial en comparaison de tous ceux qui ne sont pas géniaux. Le succès, c’est être génial parce que SOI ! C’est être rayonnant, se sentir à sa place avec ses talents uniques… Et même avec ses couacs et ses peurs incongrues. S’autoriser à être soi, lumineux, et inspirer les autres à en faire autant.

Il ne s’agit pas d’être humble. Il s’agit d’être honnête.

Ça change tout.

Et, oui, c’est possible.

Changer Amazon ? Non. Changer la société ? Ça, je ne sais pas… Mais changer ses modes de pensées, voilà qui me parle plus.

Pour ou contre Amazon qui dicte ses règles ? Je m’en fous. Je fais simplement le choix de ne plus accepter les règles du jeu des autres, si ces règles me plombent.

J’en ai marre de lire des trucs sur le web-marketing, qui, pour faire connaitre mon roman et mon blog, m’enjoignent à être la meilleure, la plus dégourdie, la plus motivée, la plus visionnaire…  Moi, je veux juste être la plus moi.

En direct de bisounours-land, je m’en vais expérimenter un monde sans compétition. Une peur à la fois. Je ne suis pas encore trop sûre du comment, mais ça commence à se dessiner. Ma fameuse “idée géniale”… Et je sais que je ne suis pas seule dans cette quête.

Oui je sais, c’est beaucoup de suspense tout ça ;-)

Moi aussi, j’ai hâte d’en savoir plus !