Ma décision de mettre mon roman en téléchargement gratuit m’a été inspirée, en partie, par deux artistes. Elles ont un point commun, une qualité qui m’a fait légèrement défaut jusqu’ici (mais ce n’est que partie remise) : elles savent demander.

Ksenia Anske, écrivain russe qui vit aux États-Unis et écrit en anglais, auto-publie ses romans et les met en téléchargement libre sur internet. Si cela vous intéresse, allez faire un tour sur son site internet, et regardez sa bannière : c’est là, en gros caractères majuscules, dans la bannière de son site, qu’elle explique sa démarche et demande à ses lecteurs de la soutenir. Ça va droit au but, c’est visible dès le premier regard, sans être ni lourd, ni prétentieux, ni excessif.

Amanda Palmer, auteur-compositrice-interprète américaine, encourage le partage de sa musique, et est célèbre pour avoir utilisé le crowdfunding pour financer la production d’un de ses albums. Elle a carrément écrit un livre intitulé The art of asking (L’art de demander) où elle explique sa philosophie (je ne l’ai pas lu), et pour en savoir plus vous pouvez regarder son discours sur TED (sous-titres en français disponibles), j’ai mis la vidéo à la fin de l’article.

Demander. Avec transparence dans sa démarche, sincérité, sans s’excuser, avec confiance en ce que l’on offre, et… En étant prêt à recevoir. Ah oui, parce que si on n’a pas trop tout à fait complètement envie d’être aidé, non, demander, ça ne va pas passer.

Demander, c’est dire sa vulnérabilité (j’ai besoin de vous) en affirmant sa force (voici ce que j’offre en retour, c’est précieux). En confiance. Sans promettre quoi que ce soit (ta vie va changer grâce à mon roman !), ni menaçouiller (quand je pense à tous ceux qui passent à côté de leur vie en ne lisant pas mon roman ou en ne me soutenant pas, quels blaireaux ! … mais toi… oui, toi ! … toi, tu n’es pas un blaireau, n’est-ce pas ?), ni se placer en victime en manque de soutien extérieur (mais aimez-moi, bordel !! je ne sais pas le faire toute seule)

Juste… Voici.

Ce qui est.

Mon travail.

Je fais ma part en proposant mon oeuvre et en en parlant, sans complexe pour la faire connaitre. Puis je laisse aux autres leur libre-arbitre d’aimer ou ne pas aimer, de suivre ou de ne pas suivre. En me faisant confiance, j’ai confiance en la vie, j’ai confiance en l’autre.

Bon. Je ne vais pas donner de grandes leçons sur un art que je ne maitrise pas, mais simplement, pour vous dire, je suis en train d’apprendre.

J’ai ajouté un onglet Me soutenir sur mon site. Et j’ai modifié un peu le texte “Lettre aux lecteurs” à la fin de l’ebook de mon roman en téléchargement gratuit, où j’explique où-comment-pourquoi me soutenir s’ils ont passé un agréable moment de lecture.

Tout cela est lié à ma résolution de ne plus m’excuser, bien sûr !

PS: Je n’ai lu aucun des romans de Ksenia Anske (mais je suis fan de sa newsletter où elle parle beaucoup d’écriture). Je préfère lire des romans en français car j’écris en français, et mes lectures nourrissent mon écriture. Je ne connais pas non plus trop la musique d’Amanda Palmer, parce que… Parce que je n’écoute plus beaucoup de musique. J’ai tendance à préférer le silence, depuis quelques années. Pourtant, ces deux artistes sont inspirantes pour moi, dans le partage de leur cheminement. C’est un peu pour cela que je partage, moi aussi ;-)

Bref, je laisse la parole à Amanda, elle est plus punk que moi :