Aimez-vous les histoires de coïncidences, de synchronicités difficiles à attribuer au “hasard”, de signes tellement gros qu’ils font oooooh-bah-ça-alors-c’est-diiingue ? Moi, j’adore ça. C’est parce que j’ai besoin, comme tout être humain, que la vie ait du sens. Or, le sens m’échappe, voyez-vous, de manière chronique. Alors quand une bribe de sens de la vie se manifeste d’une manière rationnelle par des coïncidences trop énormes pour êtres loupées, j’adore ça.

Je l’ai déjà dit en mentionnant comment le vol de mon ordinateur m’avait remise sur les rails de moi-même dans le précédent article Revenir à l’essoitiel : le hasard, c’est comme la chance, je n’y crois pas.

Dans cet article Revenir à l’essoitiel, justement, je disais que je m’étais éparpillée et auto-stressée pour faire la promotion de mon roman, et que j’avais oublié que si j’aimais tant écrire, c’était avant tout pour moi-même. Pour le fait d’écrire. Pour ce qu’écrire m’apportait. Je disais dans cet article que j’avais fait ma part : j’avais auto-publié mon roman, j’en avais parlé un peu, j’avais lancé la machine, et je laissais faire l’univers pour attirer les lecteurs à qui mon roman pourrait apporter quelque chose.

Or, ce n’est pas vrai. Je n’ai pas fait toute ma part. Je n’ai pas cherché d’éditeur.

L’auto-édition est une aventure merveilleuse, mais je n’ai pas donné toutes les chances à mon premier roman. Il n’est pas en librairie, il n’est pas dans les salons, il n’est pas sur toutes les plateformes de vente sur internet mais seulement sur Amazon… Je pourrais continuer à tout faire toute seule, à mettre mon roman partout, à en parler partout, à être sur tous les réseaux sociaux. C’est possible, les outils existent grâce à internet, c’est une question de motivation, d’expérience et de temps. Mais je n’en ai pas envie. Ce n’est pas mon truc, ça me coute, ça ne m’apporte pas de joie. J’ai envie que quelqu’un fasse tout ça à ma place : un éditeur.

Mais tu n’as pas tout donné avec l’auto-édition, ça fait des mois que tu ne mets plus rien en place pour te faire connaitre. Chercher un éditeur, c’est ABANDONNER, c’est TRAHIR. Car, tu le sais bien, la différence entre ceux qui réussissent et ceux qui ne réussissent pas, c’est la persévérance et aller jusqu’au bout malgré les obstacles. Les mèmes de développement personnel sur facebook te le rappellent tous les jours.

perseverance

Mais tu vas te TRAHIR, tu as tellement misé sur l’auto-édition. Tu as même fait une vidéo sur youtube où tu parles en long en large et en travers de ton choix d’avoir auto-édité ton roman. Tu vas avoir l’air de quoi ?

Mais tu vas TRAHIR ta décision de mettre l’ebook disponible gratuitement en téléchargement sur ton site, si tu trouves un éditeur, tu ne seras plus libre de tes droits, les lecteurs devront payer s’ils veulent te lire. Et tes bonnes intentions altruistes de partage inconditionnel ? Tu TRAHIS tes futurs lecteurs.

Mais tu vas TRAHIR et ABANDONNER Armella et Evelyne qui ont participé à la co-création de la couverture du roman. Un éditeur voudra créer sa propre couverture. Tu vas perdre le CONTRÔLE.

Mais si tu trouves un éditeur, tu vas TRAHIR l’auto-édition et tous les autres auteurs auto-édités. Tu abandonnes cette belle communauté sur internet. Et puis si ton manuscrit attire l’attention d’un éditeur, c’est INJUSTE pour tous ceux dont les manuscrits restent dans les placards. Réussir, c’est TRAHIR, c’est INJUSTE…

Trahison, abandon. Abandon, trahison. Un peu d’injustice. Un peu d’humiliation. À tourner en boucle à l’infini ?

Mais… Véronique, hé-ho, Véronique, calme-toi, avec ta naïveté mégalomaniaque. Tu n’as PAS trouvé d’éditeur. Tu as juste pris la décision d’envoyer ton manuscrit à trois éditeurs ! Décision que tu as prise une dizaine de fois depuis un an, et que tu n’as jamais mise en pratique, alors on attend de voir… Et puis, quoi, tu vas juste te prendre trois refus, et voilà. Et puis, franchement, seulement trois éditeurs ? Et tu ne vises pas les plus petits…

Mais… Et si j’avais une chance…

Ok, et si tu avais une chance… Après tout, rien à perdre, à part beaucoup de temps à fantasmer et à remettre ton roman en pages, et quelques dizaines d’euros d’impression et d’envoi de manuscrits.

Effectivement, et si tu avais une chance… Mais pas la peine d’en faire tout un foin en étalant tes états d’âme dans ce blog, t’es pas obligée d’en parler à la Terre entière à chaque fois que ton cerveau fait un prout…

JE FAIS CE QUE JE VEUX !!!!

REBELLE !

TA GUEULE !

VA TE CHERCHER DU CHOCOLAT !

C’EST LA FAUTE AU SYSTEME SCOLAIRE QUI A BRISÉ MA CONFIANCE EN MOI !

C’EST TOI QU’ES NULLE C’EST TOUT !

C’EST LA FAUTE À MES PARENTS ILS ONT TOUT FOIRÉ !

TU VAS RATER TA VIE, MARGINALE BI-POLAIRE SCHIZOPHRÈNE  !

JE SUIS UNE INCOMPRISE !

TU DIS TOUT ÇA POUR FAIRE PITIÉ ET QU’ON TE DISE QU’ON T’AIME ET QUE TON ROMAN EST LA MERVEILLE LA PLUS MERVEILLEUSE DU MONDE ! ÇA N’EST PAS DU TOUT SPIRITUEL !!!! TU TE LAISSES DOMINER PAR TON MENTAL, TU N’ES PAS DANS LE MOMENT PRÉSENT, RELIS ECKART TOLLE !

Il se trouve que dans la nuit du 23 au 24 mai derniers, j’ai fait un rêve. Un vrai rêve, quand on dort et qu’on s’en souvient au réveil. Je n’ai plus les détails du rêve en mémoire, mais je me souviens du message : envoie ton roman à des éditeurs. Au réveil, c’était évident. Mais oui !! Qu’est-ce que j’attends ?! C’est la réponse à toutes mes questions : je vais envoyer mon roman à des éditeurs, il va être édité, et je vais pouvoir lui lâcher la grappe pour de bon et écrire un deuxième livre avec les encouragements d’une maison d’édition derrière moi. Je n’abandonnerai pas, je continuerai à mettre en place des choses pour faire connaitre mon roman, mais je ne serai plus toute seule, et la crédibilité d’une grande maison d’édition donnera plus de poids à mes messages de paix-dans-le-monde-en-commençant-par-la-paix-en-soi. C’est la meilleure voie pour réaliser mon plein potentiel et ma contribution pour ce passage sur Terre !

Après cela, je n’arrivais plus à dormir. Toutes mes questions solutionnées en un seul rêve m’avaient coupé l’envie de dormir, mon esprit a commencé à déballer dans tous les sens les tenants et les aboutissants de cette décision fraichement prise. J’ai fini par avoir faim, je me suis levée pour aller finir le restant de pâtes du diner de la veille, j’ai regardé l’heure, et il était 4h22 du matin.

Moi, quand il est 4h22, du matin ou pas, je prends cela très au sérieux.

J’ai sorti mon roman un 22 avril (22/4).

La version papier du roman auto-édité sur Amazon fait 224 pages (la première fois c’était 222 pages et ce n’était pas fait exprès).

J’ai fait ce rêve un jour 24.

Du coup, mon esprit a beau avoir trouvé mille raisons, depuis, de trouver cette idée de chercher un éditeur stupide, irréaliste, prétentieuse, inappropriée… À cause de ce 4h22, je ne me dérobe plus. Le résultat ne compte pas tant que cela. Que je trouve un éditeur ou pas, j’aurai appris quelque chose. Je ne sais pas encore quoi, mais je sais que ce sera quelque chose. Hé, on ne peut pas le savoir à l’avance, sinon ça ne sert à rien de le vivre ! C’est ce que l’auto-édition m’a enseigné : ce n’est pas le résultat qui compte, c’est ce qu’on révèle et comment on grandit en chemin.

Peut-être que la persévérance pour la persévérance, quand ni le coeur ni l’intuition n’y sont plus, ce n’est pas si branché développement personnel que cela, après tout, malgré ce qu’en disent les mèmes sur facebook… Savoir ne pas s’acharner ? Savoir accepter de ne plus tout contrôler ? Savoir ne se fermer aucune porte ?

Et oui, je suis une fille spirituelle, j’écoute les signes que l’univers m’envoie sous forme de 22 et de 4 !

Quoi ? C’est pas ça, la spiritualité ?