Ce qui est génial, avec l’auto-édition, c’est que l’auteur crée ses propres règles du jeu. Dans une certaine mesure, hein. Il devra a priori suivre les règles des plateformes d’impression, de commande et de distribution (à moins de vraiment TOUT faire lui-même, jusqu’à imprimer les livres dans son garages et les distribuer lui-même sur sa moto…). Mais tout est modulable, et de plus en plus.

On n’est pas obligé d’utiliser les mêmes plateformes que tout le monde, on peut créer sa propre boutique en ligne sur son propre site internet. On peut ne faire que du numérique (ebooks) disponible en ligne, ou ne faire que des versions papier dédicacées à vendre dans la librairie du coin. On choisit les réseaux et les supports que l’on veut pour faire la promotion. On fixe le prix que l’on veut. On peut passer par un imprimeur à côté de chez soi et tirer un certain nombre d’exemplaires pour se constituer un stock à l’avance, ou passer par un imprimeur à la demande en ligne et n’avoir aucun stock à gérer. On peut sous-traiter certaines parties du travail, ou tout faire tout seul et ne pas débourser un centime. On peut aller jusqu’à créer sa propre maison d’éditions, et là ce n’est plus à proprement parler de l’auto-édition, même si ça reste très “auto”, quand même. Bref, grâce à internet, il existe de plus en plus de moyens de s’auto-éditer, et l’auteur peut réinventer un système qui lui convienne à 100%.

C’est ainsi que l’on trouve tout et n’importe quoi sur le marché du livre (auto-édité ou pas d’ailleurs), en termes de qualité, d’aboutissement, ou de professionnalisme. Mais, hé, c’est la démocratie ! Il y en a pour tous les gouts !

Aucun auteur ne peut plus utiliser d’excuses du genre “c’est à cause que les maisons d’édition c’est des corrompus et ils ne fonctionnent qu’au copinage”, ou “je suis un incompris personne ne sait reconnaitre mon talent hors-norme”…

Non. Un auteur qui veut y arriver, peut y arriver. Et ce n’est même pas tant une question de talent que cela. Bon, avec un livre tout pourri, ça peut être plus délicat… Et encore… D’ailleurs c’est quoi, la définition de “tout pourri” ? Selon quels critères ? Les miens, ceux de la voisine, ceux d’un professeur agrégé de lettres modernes, ceux de mon banquier ?

Bien sûr, tout cela est très chronophage. Hé, réinventer à sa sauce ne se fait pas du jour au lendemain. Ce sont des métiers, quand même, tout ça ! C’est la raison pour laquelle j’ai commencé à chercher un éditeur pour mon premier roman Parfois l’Ange se tait (sans abandonner l’auto-édition pour autant, mais histoire de ne me fermer aucune porte et de donner toutes les chances à mon roman).

Si un auteur qui veut y arriver peut y arriver, pourquoi est-ce que je n’y arrive pas, alors, me demanderez-vous peut-être ? Et bien, justement. J’y arrive. Mais il est possible que ça mette quelques années de plus que ce que j’avais envisagé. Une ou deux décennies, pour y arriver, est-ce que ça s’appelle toujours “y arriver” ? Tout est question de perspective. Et de ce que l’on met derrière le mot “y arriver”. La fin, ou le chemin ?

Trêve de blablatage, comme le titre de cet article l’indique, je vous révèle à présent cinq règles pour réussir le lancement de son livre auto-édité :

1. Ayez déjà un lectorat qui vous attend

Ciblé, de préférence. Pas obligé d’avoir déjà 10 000 fans sur les réseaux sociaux ou dans votre liste d’abonnés. Une vingtaine de membres de votre famille qui attendent votre roman avec impatience, une centaine de contacts sur un réseau social (pas forcément facebook, soit dit en passant, il y a des réseaux sociaux plus adaptés pour les auteurs, Wattpad par exemple pour ne citer que lui… perso je n’y connais pas grand chose en réseaux sociaux, à part facebook, c’est beaucoup trop chronophage pour moi)… Quelques dizaines de personnes peuvent être suffisantes.

2. Prévenez votre lectorat

Communiquez ! Un lectorat, c’est bien. Un lectorat au courant, c’est mieux. Donnez une date de sortie de votre livre bien à l’avance, avec un compte à rebours, des piqures de rappel par ci par là, faites monter le suspense, dévoilez quelques extraits bien choisis de votre livre…

3. Impliquez votre lectorat

Impliquez votre futur potentiel lecteur avant l’heure, demandez lui son avis, son témoignage, faites des sondages, demandez lui de se prendre en photo avec un exemplaire de votre livre une fois qu’il l’aura reçu… Ayez une vraie relation avec lui. Pas un truc calculé et sournois, hein, une relation sincère ! Si votre lecteur a le sentiment qu’il participe à votre projet de livre, qu’il vous accompagne depuis le début pour sa création, qu’il vous connait, il se sentira d’autant plus impliqué. Et vous, en prime, vous sentirez soutenu.

4. Promettez quelque chose au lecteur

Il va être ému, il va rire, il va voyager, il va être inspiré à changer le monde, il va avoir peur, il va découvrir comment être heureux en amour, il va découvrir le sens de la vie… Que le lecteur sache à quoi s’attendre à l’avance, qu’il sache que la lecture de votre livre va lui apporter quelque chose, et que ça lui donne envie !

5. Ayez un visuel et une accroche en béton

Le titre, la couverture et la quatrième de couverture sont la vitrine du livre. Il doivent être percutants, attirer le regard, attiser la curiosité, intriguer et donner envie d’en savoir plus.

Ces règles sont d’autant plus importantes lorsqu’on veut suivre les règles du jeu des plateformes de vente d’ebooks en ligne, Amazon notamment (voir mon article sur le sujet du classement des ventes sur Amazon) : vendre un maximum de livres en un minimum de temps, le jour du lancement et les quelques jours suivants, pour monter dans le classement des ventes et être visible du plus grand nombre… Et rester dans le classement (et dans continuer à être visible) grâce à une accroche en béton (règle n°5), et des commentaires en béton (par votre lectorat fidèle et impliqué, règle n°3) !

Mais comme je l’ai dit plus haut… L’auteur auto-édité peut réinventer ses propres règles du jeu ! Il n’est pas du tout obligé de suivre les règles du jeu d’Amazon et des autres !

Ces cinq règles, je ne les ai pas inventées. Ecrites comme ça, en cinq points, ça l’air fluide, ça a l’air évident. Bah oui… Ces règles, je les ai découvertes sur le tas, c’est à dire un peu tard. Pour le lancement de mon premier roman, je n’en ai suivi aucune, pour la simple et bonne raison que… je ne les connaissais pas !

1. Ayez déjà un lectorat qui vous attend : je n’avais dit à quasiment personne que j’écrivais un roman. Pas même mes parents. Quelques amis, c’est tout. C’était un secret soigneusement gardé, je protégeais mon rêve avant qu’il aboutisse. C’est un véritable coming out artistique que j’ai fait le jour du lancement de mon roman.

2. Prévenez votre lectorat : bah, j’ai mis un lien sur ma page facebook (privée) le jour même. Rien fait à l’avance. Je n’avais pas de site internet, je n’avais aucun message, aucune communication de prête. Puisque quasiment personne n’était au courant, je n’ai fait monter aucun suspense, je n’ai pas demandé aux gens d’acheter mon livre le jour de sa sortie. Donc j’ai fait un flop.

3. Impliquez votre lectorat : nada, j’ai tout fait toute seule. Enfin, j’ai demandé à quelques personnes de me donner leurs avis et de corriger les fautes d’orthographe, bien sûr. Mais c’est tout…

4. Promettez quelque chose au lecteur : non, je ne sais pas faire ça. Enfin, je commence à apprendre, à comprendre qu’on peut le faire de manière authentique, sans essayer d’être “persuasif”. Je ne suis pas à l’aise avec l’idée de promettre quoi que ce soit, puisque… Qu’est-ce que j’en sais ? Je ne suis pas dans la tête de mes lecteurs ! C’est à eux de décider si mon roman leur a plu et leur a apporté quelque chose, une fois qu’ils l’auront lu… Pour moi promettre une chose dont je ne sais rien, c’est un mensonge au mieux, de la manipulation au pire… Je déteste mentir. Quant à manipuler… Vade retro satana !

5. Ayez un visuel et une accroche en béton : j’adore le titre et la couverture de mon roman, mais j’ai changé trois fois le résumé depuis sa sortie, et je ne suis toujours pas certaine que ce soit super accrocheur… Je n’ai pas la fibre commerciale, et je ne l’aurai certainement jamais car ça ne m’intéresse pas. Pourtant, si je veux vendre mon roman… C’est peut-être cet aspect là de l’auto-édition qui me déroute le plus. Chez moi, ce n’est pas naturel, que l’auteur et le commercial d’un roman soient la même personne.

Alors pourquoi est-ce que je vous donne des règles que je n’ai pas suivies moi-même ? Parce que quand j’ai sorti mon premier roman, je n’étais pas prête du tout. J’étais naïve, inexpérimentée, et complètement irréaliste. Je pensais que le seul fait de mettre en ligne mon roman était suffisant. Je pensais que le bouche à oreille se mettrait en place grâce à une centaine d’amis sur facebook. Je pourrais presque en avoir honte maintenant que j’y pense, mais je m’en fous.

Parce que… SI J’AVAIS ETE REALISTE ET SI J’AVAIS ATTENDU D’ETRE PRETE JE N’AURAIS JAMAIS RIEN FAIT. J’AI APPRIS EN FAISANT, ET LA PROCHAINE FOIS JE M’Y PRENDRAI MIEUX.

Cette vérité écrite en majuscules, et un peu aggressive pour les yeux je vous l’accorde, s’applique à tout projet dans la vie. Attendre d’être prêt est la meilleure manière de ne rien faire. Ok, c’est bien de ne pas tout bâcler non plus, garder un ou deux pieds sur terre peut vous éviter de vous casser trop méchamment la figure, et c’est une perfectionniste invétérée qui vous parle, mais le seul critère devrait être : vos propres règles du jeu.

Il n’y a pas de règles. J’ai tellement appris sur moi-même avec cette aventure auto-édition, qu’au fond de moi, succès ou pas succès, je sais que j’ai déjà réussi. J’ai toujours l’espoir de devenir riche et célèbre, mais il y a une part de moi, en moi, qui s’en fout royalement, qui se réjouit, qui s’amuse, et qui a foi en sa richesse déjà dévoilée.