Tenir un blog d’auteur a de nombreux avantages, ne serait-ce que le plus évident : le plaisir de communiquer sur son univers d’écriture. Et s’il ne devait y avoir qu’une raison de tenir un blog d’auteur, ce serait bien celle du plaisir ! Mais il y a aussi des inconvénients pour un écrivain à tenir un blog d’auteur, dont je vais parler dans cet article… Sans négativité, ce n’est pas mon genre.

tenir un blog d'auteur les inconvénients

Tenir un blog d’auteur pour partager et se faire connaitre

Quelques mois après avoir auto-édité mon premier roman, j’ai créé ce site internet à mon nom, pour me présenter et présenter mon livre. J’ai aussi décidé d’y tenir un blog d’auteur, dans lequel je parle de mon cheminement dans l’auto-édition, mes réflexions, quelques retours d’expérience, et pas mal d’introspection.

L’idée, c’était de sortir de l’ombre, de me faire connaitre, de partager pour aider d’autres auteurs en toute humilité (je ne m’adresse pas à des auteurs déjà publiés et à succès), d’avoir de la visibilité et un support de communication. Puisque sinon, il ne se passait rien, personne n’entendait parler ni de moi ni de mon roman.

Au début, j’étais pleine d’enthousiasme et d’énergie pour faire connaitre mon univers d’écrivain, j’écrivais souvent des articles, j’ai même ouvert une chaine youtube. Il y avait de gros moments de doute aussi, bien sûr, j’en ai souvent parlé sur le blog. C’était une belle aventure, j’ai fait quelques « rencontres virtuelles », je suis sortie de ma bulle d’écrivain toute seule dans mon coin. J’ai créé un support de communication à mon image.

C’est toujours une belle aventure, j’écris encore des articles de temps en temps, des vidéos. J’ai même refait le design de mon site récemment pour le rendre plus beau et plus clair. Mes articles sont beaucoup moins réguliers, tout simplement parce que j’ai d’autres projets. J’aurais pu persévérer sur ce blog, y mettre plus d’énergie, garder mon enthousiasme, sans relâche, et ne jamais lâcher pour le faire connaitre, pour faire décoller mon roman… Je ne l’ai pas fait. C’est comme ça. Je n’aime pas m’acharner là où mon enthousiasme n’est plus à 100%.

Le référencement

Un avantage important de tenir un blog d’auteur, c’est que la création régulière de contenu (articles) permet de mieux placer le site dans les moteurs de recherche, et donc d’augmenter la chance que quelqu’un tombe sur le site « par hasard »… ça s’appelle le référencement.

Mais à moins d’être déjà un spécialiste du web, le référencement, ça s’apprend ! Il ne s’agit pas de « juste » créer un site et d’y écrire des articles. La rédaction-web a ses codes et ses règles, c’est un apprentissage, qui demande du temps, des essais, des ratés, et une progression.

Et le problème du blog, c’est exactement comme un roman auto-édité : il faut le faire connaitre pour qu’il soit lu ! Ce n’est pas un outil magique de communication. Les blogs qui décollent et multiplient leurs abonnés par dix chaque mois sont des exceptions, même si bien sûr, ce sont eux que l’on voit le plus, puisqu’ils décollent.

A lire sur le sujet : Noyée dans la masse

Du temps

Tenir un blog d’auteur demande du temps et de l’investissement. Ça n’en a pas peut-être pas l’air, mais entre le fait de créer un site, de résoudre des bugs, d’écrire des articles, de les mettre en page, de trouver des illustrations, de partager sur les réseaux sociaux… Tout cela est très chronophage.

Et pendant tout ce temps, que se passe-t-il ? On n’écrit pas d’autre roman.

L’équation est vite posée.

En plus, les réseaux sociaux, on a vite fait de s’y perdre, tant notre attention y est happée…

La gratification instantanée

Il y a un autre piège (qui n’en est pas forcément un, selon les personnalités) dans le fait de tenir un blog d’auteur… Lorsqu’on écrit un article de blog, on a instantanément le retour des lecteurs (si retour il y a). On a les partages, les commentaires, les likes. Et on y prend vite gout ! C’est une sorte de reconnaissance de notre travail, tout de suite, maintenant. De la dopamine, de la validation immédiate, le coeur qui trépigne de voir le nombre de likes qui augmente après la publication.

C’est très différent du fait d’écrire un roman dans son coin pendant un ou deux ans, de le corriger, de le ré-écrire, sans savoir s’il va être… liké.

À moins, éventuellement, d’utiliser un réseau social pour auteurs et lecteurs, par exemple Wattpad, ce qui peut être un moyen de contourner le problème, ou au contraire de se laisser distraire encore plus

A lire sur le sujet : Mettre son roman sur Wattpad

Quels lecteurs pour le blog ?

Lorsqu’on parle d’écriture et d’(auto-)édition dans un blog (comme c’est le cas pour moi, et comme c’est le cas pour bon nombre d’écrivains qui choisissent de tenir un blog d’auteur), on attire des lecteurs intéressés par l’écriture et l’auto-édition… D’autres auteurs, quoi ! D’autres auteurs qui ne partagent pas forcément le même univers d’écriture. Alors certes, les auteurs sont aussi des lecteurs. Mais pas forcément des lecteurs intéressés par notre livre.

Par ailleurs, dans mon cas, et je m’en rends compte si je relis rapidement mes premiers articles, la majorité de mes articles sont assez introspectifs. Ils ont pu être inspirants pour d’autres. Mais ils étaient avant tout, maintenant que j’y réfléchis, pour moi. Je n’avais pas particulièrement en tête des questions comme « qu’est-ce que j’apporte au lecteur dans cet article ? ». Je partageais juste mon univers, qui peut intéresser d’autres auteurs partageant les mêmes doutes que moi, mais qui a moins de chances d’intéresser des lecteurs pour mon roman.

A lire aussi : L’écrivain derrière le roman, on s’en fout ?

Dans tous les cas, bien sûr, le fait de gagner en visibilité sur le web est une bonne chose pour que mon roman soit lu. Ce n’est juste peut-être pas le moyen le plus efficace.

En conclusion, tenir un blog d’auteur, oui, mais avec quel objectif ?

J’ai créé ce blog d’auteur sans avoir une vision claire sur mon objectif, sans programme, sans ligne éditoriale définie. Je raconte ma vie, je donne quelques conseils en me demandant si je suis vraiment bien placée pour donner des conseils… Et voilà.

Je n’ai aucun regret, car j’ai beaucoup appris, sur moi, sur le webmarketing, sur le webdesign (et c’est devenu une passion au point d’en faire une activité professionnelle).

Je comprends aujourd’hui qu’un « blog efficace », pour un auteur (mais il est tout-à-fait ok de tenir un blog pas efficace), est un blog qui s’adresse et qui parle avant tout aux lecteurs potentiels de ses livres. L’équivalent d’une « niche », comme on dit en marketing.

A moins, bien sûr, de tenir un blog d’auteur en en faisant une activité à part entière. Par exemple, en faisant des partenariats, des affiliations, en monétisant son blog avec de la pub… Bref, de générer des revenus directs avec le blog (en complément de la vente de ses livres). C’est alors une autre activité, en parallèle de l’écriture de romans. Par exemple, ce que fait Marièke du très inspirant et informatif blog Mécanismes d’histoires.

Mon « plan » pour la suite

Grâce à tout ce que j’ai appris depuis que j’ai créé ce premier site d’auteur, j’ai une meilleure compréhension, et moins d’appréhension face au webmarketing. Pour faire la promotion de mon prochain livre (qui n’est pas écrit, soit dit en passant), j’ai un « plan ».

En effet, je tiens un autre blog, très différent de ce blog d’auteur, dans le ton et la forme, sur la maternité (Une Maman et Dix Trucs). Or, un des sujets principaux de mon deuxième livre sera la maternité. Lorsque ce deuxième livre sera prêt à être publié, j’aurai donc déjà des lecteurs qui m’attendront, et un espace de communication tout prêt. Que je l’auto-édite ou que je contacte un éditeur (avec l’argument d’avoir déjà une audience, que j’espère développer encore d’ici à ce que mon deuxième livre soit prêt, c’est-à-dire pas demain la veille), je sais que j’aurai déjà des lecteurs intéressés par mon univers d’écriture :-)

Mais finalement, que l’on ait un plan bien défini, une stratégie en béton, ou pas, le mieux pour se lancer, ça reste quand même… de se lancer. Puis d’apprendre, et d’affiner, sur le tas. En s’inspirant des blogs d’autres auteurs, ils sont là pour ça, et c’est aussi pour ça que je tiens le mien :-)

A lire aussi : 5 règles pour réussir le lancement de son roman auto-édité