J’ai beaucoup parlé dans ce blog de persévérance, de motivation, de un-pas-à-la-fois pour l’écriture d’un roman… Toutes ces choses dont j’ai eu besoin pour l’écriture de mon premier roman Parfois l’Ange se tait. Et pourtant, il m’a fallu plus d’un an après sa publication pour commencer à écrire mon deuxième roman… Deuxième roman que j’ai aujourd’hui mis de côté.

Que s’est-il passé ?

Les premiers mois, j’avais une bonne excuse : la naissance de mon deuxième enfant. Je ne voulais avoir la tête dans aucun autre projet que de m’occuper de mon nouveau-né et de mon fils ainé, et de me reposer (???). Soit.

Les mois suivants, j’avais une autre bonne excuse : je voulais me concentrer sur la promotion de mon premier roman et de mes blogs. Puisque, visiblement, aucune opération d’aucun Saint-Esprit n’avait propulsé mon roman dans aucune liste de best-seller, j’ai réalisé que ne rien faire et attendre n’était pas une méthode efficace si je voulais être lue. Et mes deux enfants n’ayant pas atteint la majorité en quelques mois, mon temps libre pour mes projets est resté limité : j’ai choisi de le consacrer à me faire connaitre. J’ai beaucoup appris sur moi dans ce processus, et je ne regrette rien. J’ai par ailleurs appris à être efficace en écrivant d’un pouce sur un smartphone avec un bébé endormi mais indécrochable dans mes bras.

Quelques mois plus tard, j’ai réalisé que, outre l’éparpillement caractéristique à mon fonctionnement cérébral, j’avais un peu perdu de vue l’essentiel : écrire (voir mon article et son super jeu de mots : Revenir à l’essoitiel).

Je me suis alors décidée à VRAIMENT me mettre à écrire ce deuxième roman qui grandissait dans mon esprit malgré l’absence de concrétisation. VRAIMENT. J’ai pris mon élan plusieurs fois, je me suis vautrée dans la procrastination à peu près autant de fois. J’ai écrit un chapitre et demi.

Pourquoi ? Tentative de decryptage :

1. Absence de motivation de lit de mort.


Ma motivation principale pour aller au bout de mon premier roman, un mot à la fois, était quelque chose comme: « Je ne veux pas finir ma vie avec un regret ah-j’ai-toujours-rêvé-d’écrire-un-roman, alors je m’y mets, peu importe si c’est caca-boudin, l’important est d’aller au bout. » Aujourd’hui, j’ai déjà écrit un roman, cette motivation de dernier recours a perdu de son efficacité.

2. Attendre d’être mieux prête, cette fois-ci.

J’ai écrit mon premier roman en partant dans tous les sens. Pour le premier jet, je n’avais ni trame, ni fiches personnages… Il y a eu tout à revoir, même si ce premier jet a constitué une base sur laquelle construire ce qui est est devenu Parfois l’Ange se tait. J’ai écrit un deuxième jet. Puis un troisième. J’ai énormément “perdu” de temps dans des détails qui sont finalement partis à la poubelle. J’ai réécrit encore et encore pour donner de la cohérence à l’intrigue et estomper l’effet patchwork. Avec tout ce temps passé à rafistoler, j’ai beaucoup appris, mais je me suis promise d’être plus organisée la prochaine fois.

Sauf qu’attendre d’être prête, je le sais, je le dis souvent, et je l’expérimente encore, c’est le meilleur moyen de ne rien faire.

Et en fait, rafistoler est une étape incontournable de l’écriture de n’importe quel livre, et une étape essentielle pour progresser. D’ailleurs, je crois bien que c’est mon étape préférée !

3. J’ai arrêté de lire des romans.


Il n’y a rien de tel que la lecture d’un bon roman pour donner des ailes à ma prose. C’est le shoot d’inspiration assuré. Or, je ne lis quasiment plus de romans. Plus le temps. Plus envie. Les romans me font voyager et m’imprègnent, ils influencent mes pensées, mes émotions… Mais moi, au quotidien, avec deux enfants en bas-âge, je ne souhaite plus “voyager” de la sorte, et être ailleurs mentalement quand mes enfants ont besoin de ma présence complète… Je veux être ici et maintenant (au cas où vous seriez impressionnés, à ce stade, par ma grande maturité spirituelle, sachez que le ici et maintenant, je n’y arrive pas des masses, hein, romans ou pas romans). Les seuls livres que je lis, lorsque je prends le temps de me poser, sont des livres sur la parentalité, l’éducation bienveillante, etc… Normal, c’est ce qui me fait grandir en ce moment, ce dans quoi je baigne et qui me passionne. C’est une situation temporaire, mon gout pour les voyages romanesques n’a pas disparu, je ne pense pas… Ce serait tout de même un comble, pour quelqu’un qui se dit écrivain !

4. La peur de radoter.

Écrire toujours pareil, le même style, les mêmes genres de personnages, les mêmes messages… C’est ma hantise. Mais même s’il évolue, mon style est mon style. Mon deuxième livre va un peu ressembler à mon premier. J’ai fait la paix avec ça.

5. Mon inspiration est ailleurs.

Tout mon cheminement des dernières années m’a conduit à suivre ma joie, et l’inspiration là où elle se trouve vraiment. J’ai encore pas mal de ratés. Mais clairement, lorsque je regarde là où j’ai le plus d’inspiration, là où j’ai le plus de joie à écrire et partager, ce n’est pas sur mon deuxième roman inachevé après moins de deux chapitres…

La persévérance, c’est bien. L’acharnement improductif, c’est bof. Comment faire la part des choses entre les deux ? C’est toute la question, qui n’engage jamais que soi-même.

En tant qu’écrivain, je suis comme une éponge, j’absorbe tout pour ensuite l’exprimer par l’écriture. Et ce que j’éponge le plus en ce moment, c’est des splashs-splashs d’eau hors du bain, du pipi par terre, des pleurs de décharge parce que j’ai ouvert un yaourt à la place de mon fils, des guillis, des bisous péteux, des remontées d’émotions inconfortables, peu de sommeil, et encore moins de temps pour moi. Voilà ce que j’éponge, et voilà ce que j’ai le plus envie d’exprimer. Naturellement. C’est là que mon inspiration fourmille. Je le fais déjà dans mon blog sur la maternité (Une Maman et Dix Trucs), mais j’ai envie de le faire dans autre chose : un livre. Tadam ! SCOOP ! Ça par hasard ! Pas un roman. Pas un livre de parentalité non plus, je vous rassure. Un livre… indéfinissable tant qu’il n’est pas écrit. Bref, le livre que j’ai envie d’écrire en ce moment.

Quel rebondissement !

Oui, mais… comment m’y mettre pour de vrai de vrai ? Persévérance VS procrastination, verdict du combat ?

C’est là que (transition de génie) deux outils interviennent : un logiciel d’écriture, et une méthode de management. Voir l’article suivant :  Mes deux nouveaux outils d’écriture pour 2017.