A votre avis, quelle question se pose le plus un auteur qui s’auto-édite ? Je pencherais pour… Comment fichtre se faire connaitre  ?????

Il se trouve que j’ai eu le plaisir d’interviewer quelqu’un dont le métier a été, précisément, de faire connaitre des livres.

Marie a travaillé pendant deux ans en tant qu’attachée de presse dans une maison d’édition parisienne. Elle m’a partagé son expérience du monde de l’édition, en quoi consistait son métier, son ressenti, son rapport avec les auteurs… En plus de la fenêtre qu’elle m’a offerte sur ce monde de l’édition, dont je ne connaissais pas grand chose, elle m’a donné de très précieux conseils.

Pour situer le contexte, la maison d’édition dans laquelle Marie travaillait sortait environ 3-4 nouveaux livres par mois, un peu plus les mois de rentrées littéraires (septembre et janvier). Marie n’est pas tendre sur tout, elle ne cache pas son sarcasme, et elle m’a fait rire ! Elle a quitté ce milieu de l’édition il y a quelques années déjà, et travaille aujourd’hui dans un tout autre domaine, l’enseignement, qui correspond mieux à ses aspirations.

 

En quoi consistait ton travail d’attachée de presse ?

Le métier d’attaché de presse, c’est surtout du commercial : faire connaitre le livre. Ça passe par tous les médias (papier, télé, radio et web) et par les évènements (signatures, rencontres, salons).

Concrètement : tu reçois le bouquin, tu le lis, tu fais la liste des contacts que ça pourrait intéresser, tu rédiges le communiqué de presse, tu fais le mailing (envoi de bouquins) et tu fais venir l’auteur pour qu’il dédicace son livre, tu envoies tout par la poste, et après tu décroches le téléphone et tu demandes « Vous avez bien reçu le bouquin ? Parce que vraiment, on a pensé à vous, tatati tatata… ». Tu as une longue liste de gens à appeler, et tu peux t’enchainer des matinées d’échecs… Mais tu continues.

Ensuite, tu cales les rendez-vous pour tes auteurs, puis tu l’accompagnes ou tu laisses l’auteur y aller tout seul s’il gère avec les journalistes. Tu commandes les taxis, tu connais par cœur le numéro du taxi-moto parce que c’est celui qui va le plus vite. Tu organises des signatures, tu appelles les libraires. Après tu as des habitudes, tu sais que tel auteur va sortir son nouveau roman, alors tu vas faire le lancement dans telle librairie parce que le libraire est fan de l’auteur, et que ça se passe bien. « Comme l’année dernière, on se refait le petit pot ? »

On fait aussi des tournées de signatures, des salons littéraires. Pour les plus grands salons (Brive, Nancy, Paris…) il faut s’y prendre des mois à l’avance pour réserver le stand, les faux murs et les bibliothèques qui vont bien…

Les auteurs sont crevés à la fin d’une tournée, comme les musiciens. Ils se tapent le voyage en TGV, le sandwich triangle, à être poli, gentil, serrer la pince, et à nous dire au retour « hé t’es sympa, j’en ai eu 50, tu m’en fais moins la prochaine fois, tu ne me renvoies pas dans la même galère ». Généralement sur les grosses tournées, les éditeurs accompagnent les auteurs.

 

Quel était ton rapport avec les auteurs ?

Notre rapport aux auteurs était assez simple : ils étaient déjà édités, on devait les accompagner dans leur chemin de com’. On leur montrait la liste des gens qu’on avait contacté pour eux (par exemple : les inrocks, canal+, etc), et parfois on devait justifier nos choix. Par exemple, si un auteur me demandait : « Ah bon mais pourquoi tu ne contactes pas France Culture ? », je ne pouvais pas répondre frontalement : « Même pas en rêve, tu n’es pas assez intello pour France Culture, si on arrive à faire France Bleue de ta région c’est déjà pas mal ».

Certains auteurs pouvaient se vexer si on contactait des médias qu’ils considéraient un peu vieillot (Notre temps, par exemple). Mais plus tu es ciblé dans ta com’, plus tu as des chances d’avoir un article, et c’est très difficile d’avoir du recul sur son propre livre. Tu ne vas pas faire des émissions littéraires si tu as écrit un roman d’action sans avoir développé l’aspect historique par exemple. Tout comme tu ne vas pas faire un plateau scientifique parce que ton héroïne a eu la pneunomie… Ton héroine est juste restée au plumard pendant une semaine, en fait.

Puis on faisait leur planning, on calait les interviews et on y allait ensemble la plupart du temps. J’avais une approche assez maternante, mais chaque attaché de presse a sa personnalité. C’était mon rôle de rassurer les auteurs qui avaient le trac, ou de les briefer : « je le connais lui, il n’a pas lu le bouquin, quoiqu’il arrive tu gardes ton fil, tu lui sors ta sauce, c’est ce qu’il attend, donne-lui du contenu et son émission est faite ». On connaissait l’envers du décor et on pouvait leur dire comment ça allait se passer. « Raconte ce que tu veux dire et ne te laisse pas embarquer dans ce que tu ne veux pas dire ».

 

Qu’est-ce qui intéresse les journalistes ?

Les gros auteurs font vendre les petits : les journalistes acceptent souvent d’interviewer les petits auteurs d’une maison d’édition dans l’optique d’obtenir une interview avec de plus gros auteurs derrière. Il arrive qu’ils aient de vrais coups de cœur pour des petits auteurs, mais ça reste souvent pour négocier les gros auteurs derrière. Du coup, ils préparent rarement bien leurs interviews, et ce n’est agréable pour personne.

Très peu de journalistes lisent les bouquins, ils survolent et se contentent de lire les communiqués de presse et la quatrième de couverture, et ressortent toujours les mêmes questions. Quand on allait à des interviews, je préparais les auteurs en leur faisant l’interview à l’avance. Par exemple je prenais le titre du livre, genre « Une femme dans le Sahara », et je demandais « Pourquoi le désert ? Pourquoi ? »… On voyait tout de suite que les journalistes n’avaient pas lu le bouquin. Ça peut être frustrant pour les auteurs, ils ont mis leurs tripes dans leur livre et ils ont envie de partager. Je savais aussi qu’il allait y avoir des questions sur le métier de l’auteur. « Alors vous êtes auteur mais vous êtes aussi… mathématicien ? ». Puisque très peu d’auteurs arrivent à vivre de leur boulot, c’est ce qui intéresse le plus : comment un auteur fait-il la passerelle entre son rêve d’auteur et sa vie à côté ? Tout le monde veut savoir comment les auteurs ont réussi à être publiés, s’ils arrivent à en vivre… Ce qui est très rare d’ailleurs. La plupart de mes auteurs avaient d’autres métiers : des journalistes, beaucoup de scénaristes (de pub, de court-métrage, etc), beaucoup de profs aussi.

Dans ce milieu, certains auteurs s’en sortent très bien, ils savent ce qu’on attend d’eux, et ils jouent le jeu : sortir la petite formule qui fait mouche et qui va vendre, taper dans le dos et faire le mec cool, mettre en valeur l’intervieweur en face… C’est vraiment un milieu de réseau. Ça peut être sympa pour les gens qui aiment ça, mais il y a un coté superficiel qui peut être douloureux… Tout le monde n’aime pas jouer à la bonne relation « ah ça me fait super plaisir de parler avec toi » alors qu’en fait tu t’en fous ! Mes auteurs sur la pente ascendante étaient ceux qui aimaient ça, qui avaient du talent et qui jouaient le jeu. Mais je n’étais pas dans une maison d’édition très littéraire non plus.

 

Comment utilisiez-vous internet ? Contactiez-vous des blogueurs, des booktubeurs ? Gériez-vous les réseaux sociaux et les sites des auteurs ?

On faisait des panels sur Babelio, ce genre de plateformes. On envoyait 5 ou 6 bouquins à des gros blogueurs pour être relayés. Après pour être très franche, les blogueurs, c’était un peu en désespoir de cause, quand on n’avait pas réussi à décrocher d’autres médias. Si on n’arrivait pas à avoir d’articles dans la presse, on passait sur internet. Le web on s’en servait surtout pour faire connaître les évènements (signatures, rencontres, salons), mettre des petits extraits un peu péchus des bouquins pour donner envie, mais on faisait ça sur nos propres réseaux sociaux (twitter, site internet…).

On aimait bien aussi les interviews sur youtube parce que ça rend le bouquin vivant. Quand je suis partie (il y a 5 ans) on commençait à se poser ces questions-là, à faire des bandes annonces filmées, des petites interviews très coupées qui donnent envie. On commençait tout juste, pour produire un élément de com’ en plus. Je pense que c’est un bon moyen de se faire connaitre.

On ne gérait pas les sites internet et les réseaux sociaux des auteurs, ça aurait pris beaucoup trop de temps, en tout cas je ne l’ai jamais fait. Des fois on avait deux auteurs qui nous filaient leur appareil photo pour les prendre en photo et twitter « en train de me faire maquiller dans la loge de nananana », tu le fais parce que c’est fun, mais au quotidien ce sont eux qui gèrent. Il y avait des auteurs qui entretenaient des relations proches avec leurs lecteurs sur leurs réseaux, avec toujours un petit noyau de fans qui attendaient le prochain bouquin, à qui l’auteur pouvait dire «  je suis en signature là »… C’était cool parce que nous, en tant qu’attachées de presse, on ne pouvait pas gérer.

 

À quoi servent les salons littéraires ?

Ça joue sur la notoriété des auteurs. C’est le moment où l’auteur va rencontrer ses lecteurs, mais c’est sûr que ce n’est pas l’endroit où tu vas faire ton chiffre de vente. L’auteur y va pour serrer des mains, faire la bise, sourire dire un petit mot sympa. C’est dur quand l’auteur est derrière sa table et qu’il attend un peu le chaland… Il faut jouer la carte séduction, ce n’est pas facile quand tu n’es pas dans le moule. C’est pour ça qu’on boit beaucoup de champagne dans ce milieu ! C’est pour ça aussi que les attachés de presse sont aussi importants, à côté de l’auteur, pour le rassurer, papoter pour qu’il ne se rende pas compte qu’il n’y a personne. « Sinon, tes vacances, c’était bien ? »

Un autre aspect important des salons, c’est que c’est le moment où tu fais « maison » d’édition. Quand on part dans un salon, on y va avec une troupe d’auteurs, donc les auteurs font « maison » : ils sont au même hôtel, vont au restaurant ensemble. Ils se renvoient la balle, quand un lecteur vient voir un auteur il peut parler d’un autre auteur « Connaissez-vous mon collègue bidule ? Il écrit des trucs, mais surprenants ! »… Ça fait un réseau en interne qui est très apprécié par les lecteurs « ah ça a l’air d’être des gens sympas »… Je suis très cynique parce que ça ne m’impressionne pas, en tant que lectrice je m’en fous que l’auteur que j’aime bien soit copain avec l’auteur d’à côté, même si ce sont de vraies amitiés… Mais il y en a certains que ça touche. C’est bien aussi pour les auteurs d’avoir ce réseau-là, quand ils sont dans le creux de la vague, ils peuvent s’entraider (« j’ai un texte que je n’arrive pas à caser, tu pourrais le faire lire à ton éditeur ? »). Il y a aussi de la co-création, certains de mes auteurs écrivaient des scénarios à plusieurs, ou sortaient des livres ensemble en regroupant leurs nouvelles.

 

Envoyer son manuscrit à un éditeur par la poste, est-ce que ça marche ?

Ça peut marcher, mais il faut être vraiment très très doué, et sortir du lot. Tu ne peux pas savoir le nombre de manuscrits « Comment j’ai vaincu le cancer », ou « Comment j’ai traversé le deuil de mon mari », ou « J’ai surmonté le burn-out »… On en reçoit des centaines. Mais l’auto-fiction, les destins personnels, ça ne marche pas, ça ne se vend pas… À moins que tu ne sois une star.

En gros, dans les maisons d’édition où j’ai travaillé, ce que j’ai vu, ce sont les stagiaires qui réceptionnent et distribuent le courrier, et les manuscrits restent aux stagiaires. Tout ce qui est commun, comme « j’ai vaincu le cancer », c’est directement classé et un courrier type part. Puis les stagiaires lisent les manuscrits, et s’ils se disent « quand même celui-là, au cas où… », ils les mettent sur la table du patron. Après ce premier tri, le patron donne ces manuscrits à des lecteurs, qui sont encore des gens très précaires (étudiants, un peu d’auteurs aussi), qui font des résumés écrits, et qui ont une fois par semaine un rendez-vous avec le patron. Ils vont lui dire « celui-là il faut vraiment que tu jettes un coup d’oeil », ou « celui-là fait partie des centaines qu’on voit »…

Le patron, lui, ne lit que ceux qu’on lui a recommandés. Par exemple ceux que les auteurs déjà publiés proposent, ou les bouquins de leur copains. J’ai vu aussi des livres recommandés par des libraires, par des journalistes, par un directeur de théâtre une fois… Des gens qui sont au même niveau qu’eux dans le système pyramidal, en qui ils ont confiance. Mais le manuscrit qui arrive par la poste, pour qu’il grimpe jusque tout en haut, c’est beaucoup plus difficile…

Quand tu es jeune auteur faut aussi cibler juste, si tu as écrit un polar, il faut taper aux portes des maison d’édition de polars. Arroser tout Paris ne sert à rien, il faut cibler les bonnes personnes, les gens qui ont le temps de t’écouter.

Ce qu’il faut éviter de faire, c’est de donner son manuscrit à l’éditeur dans un salon littéraire, parce qu’il n’a pas le temps et qu’il en reçoit 150 comme ça. Les gens viennent autant voir l’éditeur que l’auteur, ils ont souvent un petit manuscrit sous le coude. À chaque fois il y a des gens pour donner leurs manuscrits, parce qu’en France on a tous un manuscrit dans le tiroir. Le nombre de gens qui écrivent est énorme.

Ce sont vraiment les stagiaires qui font le premier tri. Ils ont aussi des directives par maison. Si tu n’es pas une maison de polar, et qu’un polar arrive, ça part direct. C’est pour ça qu’il faut viser les bonnes maisons. Bien sûr avec un texte de niche, quand assez peu de maisons publient ce genre de texte, c’est plus facile à cibler. Pour des romans c’est plus difficile. Il faut que l’auteur repère ses auteurs préférés, avec qui il sent une parenté… Et il faut être lucide, ce qui est super dur pour les auteurs quelque part.

 

Pourquoi as-tu quitté ce métier d’attachée de presse ?

C’est très prenant comme boulot. Je n’avais pas vraiment de vie à côté, tous les évènements étaient sur mes soirées, à côté de mes auteurs, à serrer des mains, servir le champagne, jouer le jeu des mondanités « Oh c’est génial que tu sois venu ». J’ai fait deux salons du livre, ça te prend ton week-end complet et après tu dois remercier, et faut pas demander à être payé en heures sup’. Il y a des gens qui adorent et pour qui c’est leur vie. Moi j’aime bien le champagne mais je préfère boire des coups avec mes potes, pas les remplacer par des gens que je n’ai pas choisis. Je jouais à l’attachée de presse, dans ce monde de petits fours et tout, mais ce n’était pas épanouissant pour moi.

Et j’adore lire, ça me nourrit. Pour moi la lecture est quelque chose d’intime, qui me forge un peu à l’intérieur. Mais être forcée de lire des livres que je n’avais pas envie de lire, c’était très violent, je ressentais ça comme une intrusion. Parce qu’en plus, après, je devais bosser avec les auteurs des livres en question…

Après, ce n’est pas un métier qu’on fait toute une vie. Mes anciennes collègues sont devenues directrices de communication, par exemple. Elles ne sont plus dans le décrochage de téléphone, elles sont passées à un niveau stratégique, au-dessus.

 

Est-ce qu’on peut percer sans réseau, en tant qu’auteur, dans le monde de l’édition ?

Non, tu ne peux pas. Au début, bien sûr, tu n’as pas de réseau. Mais tu t’en crées. C’est inévitable. Tu ne peux pas être un cowboy solitaire.

L’édition n’est pas un milieu de requin, c’est un milieu de réseau. Il y a beaucoup de passionnés. Mes copines éditrices, elles travaillent le texte comme de la matière, c’est de la sculpture sur mots, de l’architecture, de l’art.

Tu peux arriver dans un maison d’édition sans réseau, mais c’est très très rare, et tu n’arrives jamais de nulle part. En général, tu as déjà un blog, tu as déjà écrit un livre, tu as déjà travaillé dans le journal de ton lycée par exemple. Si ta vie c’est d’écrire, tu as déjà écrit, il y a déjà des connexions, qui vont s’élargir de plus en plus. Cette envie a toujours été là, il y a déjà un petit réseau. À moins que tu ne sois vraiment très inhibé et que tu n’aies jamais eu envie de te faire connaitre. Mais les gens qui écrivent et qui ont envie de vivre de ça, ils ont toujours essayé des trucs.

Il y a un moment où la sortie de zone de confort va soit être nécessaire, soit se faire d’elle-même, mais un auteur ne peut pas faire les choses dans son coin et attendre que ça vienne. C’est comme le prince charmant, il ne viendra pas sonner à ta porte. Un auteur est obligé de se vendre un peu, à des gens qui sont un tout petit peu au-dessus de lui (un blogueur, un auteur…), sous un angle qui puisse intéresser l’autre, donnant-donnant, avec une idée de co-création par exemple.

 

D’après ce que tu as vu, les auteurs se sentaient bien, globalement, dans cet univers de l’édition ?

Oui et non. Je pense à un petit auteur qui n’arrivait pas à faire monter le prix de ses à-valoir pour ses bouquins d’après. Il faut un peu batailler pour se faire payer. Au début tu acceptes de pas être beaucoup payé parce que tu es trop content d’être publié, et après si tu veux mettre un peu de beurre dans tes épinards… Tu peux jouer la concurrence, « soit tu m’augmentes, soit je vais aller me vendre chez untel »… Ça marche un peu comme ça

Mais en tant qu’auteur, c’est quand même agréable de confier ton ouvrage à quelqu’un dont c’est le métier de le mettre en valeur, de le magnifier, que ce soit les éditeurs, les graphistes… « Alors, quelle couv’ tu me proposes ? »… Tout le monde bosse pour toi, pour ton projet. On arrondit les angles autour de toi pour que tu t’y sentes bien. Et ce n’est pas à toi de faire tout le boulot ingrat de te faire connaitre.

 

Pour finir, as-tu des conseils aux auteurs qui s’auto-éditent ou qui cherchent à être édités ?

Je trouve l’auto-édition très courageuse. Quand je vois comment fonctionne le système de diffusion, en librairie, je ne suis pas sûre d’y avoir déjà vu des livres auto-édités.

Une très bonne solution pour percer, c’est de commencer par le web, s’y faire un réseau, puis arriver dans une maison et dire « voilà, j’ai tant de followers, comment ça se passe maintenant ? »

Il faut aussi accompagner son manuscrit pour les maisons d’édition d’un texte qui dit pourquoi il voit son bouquin dans cette maison là, faire un genre de communiqué de presse l’air de rien pour que ce soit plus vendeur.

Je conseille aussi de taper aux portes des libraires. Certains grands libraires sont en relation avec les éditeurs, et peuvent être de vrais relais. Les grands journalistes aussi… mais ceux là pour les atteindre, quand tu es inconnu, c’est plus compliqué.

Quand on s’auto-édite, pour se faire connaitre sans attaché de presse, il faut viser la presse locale, plus accessible et intéressée par ce qui se passe dans sa communauté, et essayer de faire des liens avec le contenu du livre et les médias. Si ton livre parle de féminité, tu vas taper des blogs/sites féminins par exemple. Toujours cibler pour se faire connaître. Et viser le web, à fond, avoir des messages accrocheurs, en vidéo surtout parce que c’est consommable rapidement. Le web n’est pas un média du texte, mais de l’image, ou alors de la punchline, du dessin.

Je vais être cash, mais si tu es un petit auteur dans ton coin, tu restes petit dans ton coin. Il faut avoir l’audace d’aller taper à la porte, si ça ne répond pas tu vas taper à la fenêtre, et si ça ne répond pas tu vas taper à une autre porte, tu vas à la porte de derrière… c’est ça être auteur aujourd’hui.

Ne pas lâcher !